vendredi 18 novembre 2011

Lettre ouverte

Que le temps des colonies laisse ses grilles ouvertes il y a là de quoi sentir le pavé bouger encore, la mauvaise herbe fronder l'espace, Marguerite a trouvé son Léandre au pavillon des enfants fous.
Le monde disait : fallait-il qu'il se fasse mangeur d'épluchures ? fallait-elle qu'elle se fasse donneuse de leçons ?

Il s'agirait donc de résister avec tout ça autour, quatre pieds dans tous les coins et des moteurs qui marchent bien, des livres parcourus tout le jour, la lampe veillant sur les insomnies.

Elle disait se méfier des miroirs, courir devant l'adversité, cracher sur l'intensité pour s'en nourrir encore.
Non ce n'est pas Dyonis que tu serres là, c'est celui l'autre que tu savais exister dans un coin inconnu d'une ville universelle.
-- Rodrigo y Gabriela sonnent pour toi quand vous rêviez d'une nuit tsigane --
Lire la douleur, Marguerite. Ecrire en soi et dire l'autre dans le grand cabaret de l'étrange.
Elle travaillerait, userait son corps sur le bois, traverserait un moyeu dans la maïeutique. Ne pas être perdu était la promesse du dernier jour. Le signal. Une voix disait "Quand la multiplicité n'a pas d'angles s'en contrecarrer". Le temps dit la certitude
"Sublime, vous êtes sublime" ne disait-il plus.
Un jour ce fut une terrible blessure dans la poitrine. Un autre jour une rigole en miettes en pleine rue. Et une nuit fatale une rafale de hurlements.

Les rues les rivières les bois les barres les tours les centrales ne mesurent pas plus qu'un grain de poussière vu d'ici. Et le soleil perse flamboie. Sur la lune, le sol est poussière. Foulé, soulevé, caressé. Sur la lune le sol est cendre, dévoilé, perçu, percé. "Pour vous Léandre je me ferais polyandre" ... "Non Léandre vous n'êtes pas cubique... Vous êtes souple vous êtes aérien vous êtes bulle". Et vous portez un arc de vérité sur vos épaules abîmées. Vous êtes un vaurien qu'elle doutait de rencontrer.


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