samedi 19 mars 2011

Les volets bleus

J'irai à Murissons sous un soleil empiété. Je reviendrai chez moi, là où les vieilles pierres sont polies, les maisons rodées par les pluies et les lanternes cassées depuis plusieurs étés. 
J'entendrai en mon âme fantôme la mélodie d'un music-groom aux côtés d'un vibraphone où crépitent des éclats de rire sous les jetées. J'entrerai par la grande porte sans me cacher des fenêtres. Derrière le long couloir il y aura un jardin extraordinaire où tout chante et ne vit qu'un jour. 
Je m'allongerai paisible, insensible sous les voix du grenier en rut. Mes jambes dans l'herbe folle, je caresserai de mes yeux usés les volets bleus. Je panserai de là les blessures des carreaux. Je ne bougerai pas parce qu'il n'y aura rien à faire. Je contemplerai le sang des violences passées séchées sur les poignées des portes injuriées.
Dans le torrent des larmes jaillit du jardin magnifique, je me baignerai. Et c'est là seulement que je lancerais au ciel comme un défi, le regard serein, vivant, neuf, véritable !

1 commentaire: