vendredi 18 mars 2011

La reine des abats


Un traître messieurs-dames peut-il émouvoir la tendresse ?
A ma droite, un fils coupable porte la soupe, funeste poison.
A ma gauche, la vieille reine savoure les abats qui troublent sa raison,
goûte du bout des lèvres le plus beau sang de la Grèce.

Sonne l'heure de l'aveu, dans les larmes, dans les feux.
Auguste passe le temps, dit les courses, des détails ne négligeant rien
pendant que dans les flancs de la vieille reine l'assaille un mal de chien.
Auguste fils voit venir la mort lente ployer sous le joug de sa démence.

Dans un soupir l'innocente murmure : “Il ose me trahir”.
Quand l'oeil farouche picore encore les merveilles du repas,
Auguste fils rejoue pour son plaisir la mise en scène du trépas.

Près du corps froid Auguste fils, Auguste maître
place sous les lèvres royales une pièce de choix.
Dans les prisons d'Epire, Auguste tourne en ses lambeaux.

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